L’autre jour, je lisais un post très intéressant de Sophie Bosson. Or, elle écrivait sur la loi d’Illich.
Ah oui ! C’était quoi au juste ?
Evidemment Sophie ne nous entretenait pas de Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine mais, plutôt d’un sujet important dans notre mode de vie. Je me suis dit qu’il valait la peine que vous, Efficients, soyez aussi informés sur cette loi que l’on pourrait surnommer « Quand trop d’efficience tue l’efficience ».
Ivan Illich était un prêtre catholique autrichien devenu philosophe, un penseur et une figure importante de la critique de notre société industrielle. Il est vrai que dans notre quête incessante d’optimisation et de productivité, nous avons tendance à penser que « plus » signifie toujours « mieux ». Pourtant, la loi d’Illich, nous rappelle que l’excès d’efficience peut devenir contre-productif. On pourrait la résumer par :
« Travailler moins pour travailler mieux »
Pour mieux comprendre cette loi, voici ce qu’elle stipule. Au-delà d’un certain seuil, toute amélioration de l’efficience d’un système finit par produire l’effet inverse. Autrement dit, lorsqu’on pousse trop loin la recherche de performance, on atteint un point où les bénéfices décroissent, puis s’inversent pour générer des effets négatifs.
Ce principe peut être observé dans de nombreux domaines. Le plus simple serait dans les transports. En effet, l’augmentation du trafic routier dans une grande ville entraîne des embouteillages et ralentit le déplacement de chacun. C’est le contraire de l’objectif voulu.
Evidemment, il en va de même dans notre travail : Trop d’heures supplémentaires nuisent à la productivité des employés, augmentant le stress et les erreurs. On pourrait aussi dire que cela touche notre formation. Un excès d’informations dans un laps de temps trop court peut entraîner une surcharge cognitive, réduisant la rétention des connaissances.
Comment Ivan Illich nous recommande-t-il de gérer ces situations ? II nous dit simplement que :

Toutes les 10 minutes de travail nous devrions faire 2 minutes de pause.Toutes les 25 minutes de travail nous devrions faire 5 minutes de pause. Revoilà la fameuse technique Pomodoro!Il y a aussi les 12 minutes de pause toutes les 12 minutes de travail, visiblement efficaces pour gagner en productivité sur des tâches très mécaniques et peu motivantes.
Bon, personnellement, le seul point que je mets en pratique c’est le deuxième. Mais à chacun de trouver ce qui lui convient et cela donne l’idée qu’il ne sert à rien de travailler sans s’arrêter. Une pause fait toujours du bien.
Quoi qu’il en soit, dans un contexte professionnel, la loi d’Illich nous invite à repenser nos méthodes d’optimisation. Cela peut se définir en 3 points :
- Simplifier les processus – Trop de procédures et d’outils censés améliorer la productivité peuvent finir par la ralentir.
- Rechercher l’équilibre – Plutôt que de maximiser les heures de travail, privilégier des rythmes adaptés qui maintiennent l’engagement et la qualité. Tu peux revoir cet article sur l’Ultradien.
- Encourager la pause et la récupération – Des moments de repos bien placés améliorent la concentration et l’efficacité. On a le droit de s’arrêter !

On peut donc en conclure que la Loi d’Illich est un principe clé pour une efficience durable.
Elle nous enseigne que l’efficience n’est pas une simple question de maximisation, mais d’optimisation intelligente. Dans un monde où l’on valorise souvent la rapidité et la surperformance, savoir identifier le « point de bascule » entre efficience et inefficience devient un véritable atout et ne doit plus être tabou.
En appliquant cette loi, nous pouvons mieux gérer notre temps, nos ressources et notre énergie, afin de garantir une performance durable et équilibrée.
Et vous, avez-vous déjà expérimenté ce phénomène dans votre quotidien professionnel ?
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Les photos sont de Joshua Hoehne (Unsplash), ton coach et Italo Lanfredini (Pxhere)




2 réponses
Très intéressant et j’ai d’ailleurs lu 2 choses qui vont dans ce sens!
1) j’ai lu un truc sur le burn out et en fait au bout d’un moment le cerveau ne suit plus… il a besoin d’un temps calme pour se réinitialiser en quelque sorte. S’il ne peut pas le faire alors il fonctionnera plus lentement et c’est là que nous allons commencer à commettre des erreurs, simplement parce que notre cerveau n’a pas eu son temps de pause. C’est comme si on fait beaucoup de sport mais que nous ne faisons jamais de pauses assez longues pour que nos muscles se reposent, c’est là que nous allons nous blesser, tout simplement parce qu’ils n’ont pas pu se reposer et sont trop fatigués pour continuer d’être stimulés! Idem avec notre pauvre petit cerveau.
2) J’ai lu un autre truc sur l’hypersensibilité et même si les gens hypersensibles ont souvent besoin que ça aille vite pour être stimulés, de temps en temps de prendre de la lenteur et de faire les choses un peu en « pleine conscience » permet à notre cerveau de se rendre compte et de même profiter de ce qu’il fait et ça le repose. J’ai essayé et approuvé haha!
Du coup je trouve que ça va un peu dans l’idée de Illich 😉
Effectivement, pour le « reset » le cerveau utilise le sommeil. Mais, il veut aussi avoir une pause toutes les 40 à 50 minutes. Si on ne respecte pas son rythme, il rentre en épuisement.
C’est le problème de notre civilisation du « tout tout de suite ». Au début du 20 ème siècle, le burnout n’existait pas.
Pour le point 2, je prends pour moi. Je ne sais pas si je suis hypersensible mais j’ai le défaut de la « rapidité ». Je vais donc me hâter lentement