Retour à la positivité naturelle

« Aïe… c’est triste si les gens commencent à utiliser la positivité de manière toxique… alors que le but est justement de remonter le moral et de se faire du bien à nous et aux gens autour… »

Ce commentaire sur mon dernier article m’a fait réfléchir. Puis je suis tombé sur un éditorial de Rosette Poletti qui, étrangement, non seulement parlait du même sujet mais, allait dans le même sens. Dans l’idée, nous pensons que nos paroles sont encourageantes et positives mais, celui qui les reçoit ne les prend pas du tout ainsi. Madame Poletti ajoutait : « C’est pourquoi tant de gens ne partagent pas ce qu’ils vivent par crainte de ces « consolations » qui, souvent, ne font qu’intensifier la douleur. »

Qu’est-ce qui peut nous amener à donner ce type d’encouragement. Il y a plusieurs raisons mais, j’ai peur que dans notre culture occidentale, la principale soit que nous ne désirons pas nous engager. En effet, comme le dit Rosette Poletti, « Si l’on prend le risque de partager, c’est que l’on attend d’être écouté, d’avoir avec soi une présence compatissante. ». Or, sommes-nous prêts à faire cet effort ? Sommes-nous d’accord de nous engager vis-à-vis de cette personne pour lui donner un peu de sérénité ? De lui lancer une bouée ?

Rosette Poletti continue en disant : « L’être humain est apte à consoler, à soutenir ceux qui souffrent. Ce n’est pas difficile, il s’agit d’être présent, sans regarder sa montre. Cette présence s’apprend, peut se perfectionner en développant sa conscience. Être là, sans attente, sans jugement, sans vouloir changer quoi que ce soit à la situation ; être attentif à ce qu’on dit : pas de comparaison, pas d’interprétation, pas d’histoire étrangère à la situation. »

Dans mon dernier article, je disais en citant la psychologue Alex-Anne Lamoureux : « L’empathie, l’écoute active et la validation des sentiments deviennent alors la clé. ». Or, l’empathie risque de nous demander cet engagement que nous avons si peu envie de donner. Nous risquons soit de rester évasif soit d’activer notre positivité « toxique ». Les « Regarde le côté positif ! Cela ne peut que s’arranger. » fuseront.

Le psychiatre et psychothérapeute Christophe André cite dans son livre « Secrets de psys : Ce qu’il faut savoir pour aller bien » les propos d’un de ses collègues : « Si un ami vous dit qu’il est triste lui dites-vous que ce n’est rien, en le laissant souffrir seul ? Probablement pas. Vous l’invitez à vous parler de ce qui ne va pas, vous le prenez peut-être dans vos bras, vous accueillez sa souffrance. Il est normal d’être triste dans certaines situations, mais cette tristesse passe naturellement avec le temps. »

Comment être efficient lorsqu’un ami est triste ?

Soyons attentif à quatre points : L’affection, l’attention, l’action et l’acceptation.

L’affection : Nous ne la formulons pas forcément de manière directe, mais elle doit être présente dans toute la démarche de consolation. Notre ami doit la ressentir.

L’attention : Soyons plus qu’attentif à ce que nous dit notre ami ou la personne qui nous parle. Ecoutons ce dont il aurait besoin, même si ce n’est pas manifesté expressément. Nous devons aussi être attentif au contexte de ses propos.

L’action : Invitons notre ami à l’action, accompagnons-le. Cela permet parfois aux personnes affligées de se remettre dans le mouvement de la vie. L’idée ici est qu’il ne reste pas enfermé chez lui a se morfondre. Selon les hobbits de notre ami, nous pouvons lui faire diverses propositions comme du jogging ensemble ou aller au cinéma, etc.

L’acceptation : Il s’agit de reconnaître ce qui a eu lieu en restant dans le présent plutôt que d’entrer dans les regrets ou une culpabilité inutile ; ceci est vrai tant pour le consolateur que pour le consolé.

“Savoir écouter est un art. ”

Epictète

Je termine avec la même idée de conclusion que mon dernier article. En effet, nous ne sommes pas efficients chaque jour de notre vie, et encore moins productif. Si nous traversons un des remous de la vie et que dans notre entourage nous avons des personnes disposées à nous écouter et à nous encourager de manière empathique, nous le redeviendrons rapidement. Ces qualités de vie se répercuteront également sur notre façon de travailler.

Dans cette idée, nous devons nous aussi avoir une écoute attentive pour les autres.

Seras-tu un vrai ami efficient pour tes proches ? Un collègue sur qui l’on peut compter ?

Les photos sont de Pongvit Ayasanon (Vecteezy) et Kat Smith (pexels)

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6 réponses

  1. C’est exactement le noeud du problème écouter = s’impliquer ce qui induit une réduction drastique des « volontaires » !
    Dommage pour eux de passer à côté de moments et de relations enrichissantes.

  2. C’est bien le noeud du problème : écouter = s’impliquer ce qui réduit drastiquement le nombre de «volontaires » … dommage pour eux qui passent à côté de moments et de relations enrichissantes !

  3. Je suis bien d’accord avec Eric! Mais parfois je me demande si le négatif qu’il y a constamment autour de nous ne nous épuise pas aussi un peu et du coup il est parfois difficile de s’impliquer. J’avoue que de mon côté les gens viennent souvent vers moi pour parler et il y a des moments où je n’arrive plus à prendre toute cette négativité alors volontairement je ne m’engage plus dans la conversation parce que c’est trop et que j’ai besoin de garder un peu de positivité et d’énergie pour moi pour rester en forme et éviter que tout ça ne me vide trop!

    Du coup ça rejoint ce que dit Eric, s’il y avait plus de volontaires, les tâches d’écoute seraient mieux réparties et la fatigue des gens positifs qui écoutent les gens négatifs seraient aussi moindre… ça va être compliqué à résoudre je le sens 😉

    En fait il faudrait que tout le monde puisse apprendre à mieux gérer leurs émotions négatives, à se concentrer un max sur le positif et travailler la résilience et le lâcher prise 😉

    1. Si les gens viennent souvent vers toi pour se confier c’est que tu es connue comme une personne empathique. Félicitations !

      Je pense aussi que tu fais partie des personnes qui ont plus de 150 relations sociales stables. Tu dépasses la limite cognitive que nous pouvons entretenir en tant qu’être humain selon l’anthropologue Robin Dunbar. Si dans ces relations, plusieurs d’entre elles te sollicitent pour se confier sur des problèmes alors, tu dois commencer à te protéger.

      Une des idées est de les rediriger vers un professionnel qui a été former pour cela.

      Je rejoins aussi Eric, dans ce monde particulièrement tourmenté, il nous faut plus de volontaires.
      Par contre, je serais d’accord que nous fassions des apéros d’empathiques pour nous soutenir les uns les autres. Qu’en pensez-vous les efficients ?

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