« En retard, en retard. J’ai rendez-vous quelque part. Je n’ai pas le temps de dire au revoir. Je suis en retard, en retard. » Cela ne vous rappelle-t-il pas Alice au pays des merveilles ?
Peut-on dire qu’être toujours en retard fait partie du pays des merveilles ? Cela ne cache-t-il pas un mal plus profond ?
À notre époque, nous disposons d’horloges et de montres qui nous indiquent le temps à la seconde près. Cependant, malgré ces appareils, nombre d’entre nous avons quand même du mal à être à l’heure au travail, à l’école ou à d’autres rendez-vous importants.
Il y a certainement une réflexion à se faire sur le sujet car ce problème ne vient pas nécessairement d’un manque de temps. Bien sûr il nous arrive à tous d’avoir des imprévus mais, lorsque je parle du retard, je pense plutôt à ceux qui en ont fait une habitude. Dans ce cadre il s’agit d’une forme d’impolitesse et peut s’apparenter à une forme d’orgueil. En effet, être toujours en retard c’est dire aux autres que mon temps est plus précieux que le leur.
Feu Diana Delonzor chercheuse et écrivaine explique dans son livre « Never be late again » (Ne plus jamais être en retard) que les retards sont perçus comme de l’impolitesse ou même comme un jeu de pouvoir de la part des autres. Pourtant, souvent, la personne qui souffre le plus de notre retard, c’est nous-même. En effet, sans penser à la non ponctualité dans le payement des impôts et leurs conséquences, si nous sommes toujours en retard pour rencontrer nos amis, nous risquons de les perdre, car ils ne se sentiront pas respectés.
Eh oui, le fait d’être toujours en retard aura un effet sur notre vie. Diana Delonzor, définit trois types de personne non ponctuelles :
The Deadliner (créateur de délai) : Cette personne vit pour le plaisir de respecter une échéance. Elle pense donner le meilleur d’elle-même lorsqu’elle est sous pression. Cela signifie qu’elle se surcharge ou se précipite d’un endroit à l’autre sans faire de pause entre les deux.
The Producer (le producteur) : Ce type de personne déteste l’idée de perdre du temps. C’est une personne qui fait beaucoup de listes de choses à faire et qui crée inévitablement des listes qu’elle ne pourra jamais espérer terminer. Elle croit qu’elle peut faire plus en une journée qu’elle ne le peut en réalité.
The Absent-Minded Professor (le professeur distrait) : Cette personne que je nomme le professeur Tournesol est facilement distraite. Si elle doit quitter la maison immédiatement, elle s’arrêtera quand-même en chemin pour redresser un tableau de travers ou pour fermer correctement les rideaux. Les Professeurs Tournesol sont toujours en retard car ils ne peuvent pas établir de priorités.
Si vous vous reconnaissez dans l’un de ces groupes, c’est que vous avez un problème de ponctualité qu’il vous faut régler. Heureusement, il est possible d’inverser la tendance, quelle que soit la gravité du problème.
Une mère de famille qui occupe un emploi a dit : « J’ai cessé de me lamenter de ne pas avoir assez de temps lorsque j’ai pris conscience que nous disposons tous de 24 heures par jour. Après réflexion, je me suis dite que, dans notre monde moderne, le problème n’est pas que nous manquons de temps, mais que nous sommes sans arrêt dérangés et distraits.». Elle a parfaitement raison. Vous pouvez revoir mon article sur les 168 heures ici.
Alors comment faire ? Il y a 3 points à prendre en considération :
1. Réfléchir aux conséquences
2. Pensez aux autres
3. Apprendre à mieux utiliser notre temps
Comme nous l’avons vu, les conséquences peuvent être la perte d’amis voire des problèmes avec les délais légaux. D’un côté l’on peut être respecté, par exemple pour nos compétences d’enseignant mais, moqué comme l’éternel retardataire. Si l’on voit notre nom sur une liste se dit-on « il sera en retard comme d’habitude. » ? On n’aimerait pas faire partie de ce type de personnes mais, plutôt de ceux où on l’on dit « Tiens, il est en retard, j’espère que tout va bien ».
Pour le deuxième point, retenons que le manque de ponctualité distrait les autres. Je me souviens d’un service d’accueil lors d’un séminaire qui devait toujours aller ouvrir la porte à des retardataires. Agaçant pour eux et manque de concentration pour tous les autres.
Le troisième point est évidemment très important. Avons-nous tendance à remettre les choses au lendemain ou à les faire à la dernière minute ? Avons-nous un emploi du temps surchargé parce que nous voulons faire trop de choses en peu de temps ? Ou serait-ce tout ce que nous croyons faire mais que les autres font à notre place ?
Gareth Johnson d’Academized disait : « J’avais l’impression de travailler à toute heure de la journée, mais je n’arrivais pas à faire quoi que ce soit. Je commençais à être en retard sur mes échéances, ce que je ne pouvais évidemment pas laisser se produire. Un ami m’a suggéré d’enregistrer tout mon temps sur une semaine et de voir comment je le dépensais réellement. »
Oui, une première solution consiste à s’asseoir et analyser comment nous occupons notre temps. Voici un exercice pertinent : pendant une semaine, notons tout ce que nous faisons par tranche de 10 ou 15 minutes. C’est astreignant mais les résultats en valent la peine car, à la fin de la semaine, nous aurons un aperçu complet de la façon dont nous utilisons réellement notre temps. Et n’oublions pas d’y inscrire ce que nous avons délégué. 😁
Qu’allons-nous y découvrir ? Rendez-vous au prochain article.

Les photos sont de 783521 (pxhere.com), de 4956 (pexels), de 183823398 (deviantart) et votre coach




Une réponse
Je viens d’assister à une conférence sur le TDA/H et j’ai appris que ces gens sont toujours en retard car leur cerveau ne leur permet pas de s’organiser correctement justement à cause du TDA/H. Ils ne peuvent le faire qu’avec des médicaments que certains choisissent de ne pas prendre à cause des conséquences à long termes … je ne sais pas s’il existe des méthodes pour eux? Pour les aider dans leur organisation? Si oui, je suis preneuse pour mes élèves 😉